L’arbitrage de Clément Turpin lors de Monaco-PSG au centre des débats

Sur le terrain, l’affiche entre Monaco et le PSG (1-0), deux clubs de Ligue des champions, a déçu. Une fois la rencontre terminée, c’est l’arbitrage de Clément Turpin qui a alimenté toutes les discussions dans les couloirs du stade Louis-II. Le Paris Saint-Germain s’estime lésé et l’a rapidement fait savoir, d’abord discrètement, puis publiquement.
Turpin n’a pas été appelé après la grosse faute de Camara…
On jouait la douzième minute ce samedi au stade Louis-II. Lucas Chevalier, ballon dans les pieds, a un peu tardé avant de relancer sur le côté droit. Guettant l’erreur, Lamine Camara a surgi mais complètement manqué son intervention en venant tacler sur la cheville droite du gardien parisien. Sans hésiter, Clément Turpin a sorti un carton jaune, sans jamais sembler vouloir revenir sur sa décision.
Dans le camion VAR, personne n’a contesté ce choix ni jugé nécessaire de demander à l’homme en noir de venir consulter les images. « Il y a 100 fois rouge, et c’est assez incroyable et illogique que ce ne soit pas le cas, juge Saïd Ennjimi, ancien arbitre international et consultant arbitrage pour L’Équipe. Le Monégasque n’a absolument aucune chance d’avoir le ballon. C’est un tacle décollé du sol et très en retard. Il attrape la cheville de Chevalier et aurait pu le blesser. »
À la mi-temps, le Paris Saint-Germain ne s’est pas fait prier pour faire circuler des images de la cheville touchée de Lucas Chevalier auprès de certains journalistes. Pour mettre la pression sur Clément Turpin avant la deuxième période ? « On aurait pu penser que la faute était plus spectaculaire que grave, mais ce n’est pas le cas, poursuit Ennjimi. C’est carton rouge écarlate et il est difficile de comprendre que le VAR ne soit pas intervenu pour revenir sur la décision. »
Après le travail en coulisses, les acteurs ont pris le relais à l’issue de la rencontre. Lucas Chevalier, d’abord, auprès de beIN Sports : « Tout le monde a vu, ma carrière aurait pu prendre un autre tournant aujourd’hui. Je crois qu’il y a des gestes qu’on doit éviter parfois. J’ai eu beaucoup de chance aujourd’hui. » Une thèse poursuivie ensuite par son entraîneur, Luis Enrique : « Ce que je peux dire, c’est que Lucas Chevalier a eu beaucoup de chance aujourd’hui. Vous devez poser la question : “Pourquoi l’arbitre n’est pas allé voir les images ?” à la personne qui a décidé de ne pas les voir. Je voudrais parler beaucoup, beaucoup, beaucoup, mais je préfère dire que Lucas a eu beaucoup de chance aujourd’hui. C’est suffisant, il faut lire entre les lignes… »
Peu après 19h30, Lucas Chevalier quittait l’enceinte monégasque en boitant légèrement, alors que Gianluigi Donnarumma avait déjà été blessé assez spectaculairement au visage par Wilfried Singo lors de Monaco-PSG (2-4), le 18 décembre 2024. Déjà averti plus tôt dans la rencontre, le défenseur ivoirien n’avait lui même pas reçu de carton jaune pour cette faute et avait lui aussi pu finir la rencontre.
… mais l’a été sur celle de Kehrer
C’est vieux comme le football, mais personne n’est jamais d’accord concernant l’arbitrage, et Monaco n’a pas dérogé à la règle ce samedi. « Je suis un peu fatigué de parler de l’arbitre, expliquait Thiago Scuro, le directeur général de l’ASM. Ça devient ennuyant. Si la Fédération est heureuse, si Monsieur Gautier (le patron des arbitres) est heureux, on ne peut rien faire. J’ai essayé beaucoup de choses, dans des directions différentes… Pour moi, ce n’est pas un carton rouge, et ce n’est pas un carton rouge non plus pour Thilo Kehrer. Les gens continuent de s’excuser après avoir fait des erreurs, comme c’était le cas après le carton rouge de Balogun. Mais les semaines passent et les erreurs continuent… »
Chacun a défendu son camp et laissait Clément Turpin seul face à son jugement. Les Monégasques ont estimé que Thilo Kehrer ne méritait pas de carton rouge. Là aussi, l’arbitre avait dans un premier temps décidé de sortir le carton jaune avant, cette fois, d’aller consulter les images et de modifier sa décision (80e), expliquant aux Monégasques que l’Allemand annihilait clairement une occasion de but. Personne, en revanche, n’a évoqué la décision du VAR de valider le but de Takumi Minamino (69e) après un hors-jeu passif de Folarin Balogun. Au moins un choix qui n’a pas fait débat.




