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Quand les Verts affrontaient leur dernier adversaire ligérien

Il n’y avait pas de meilleure année possible. L’an 19… 42, tout un symbole, c’est à cette dateque nous trouvons trace du dernier match d’une ASSE au statut professionnel affrontant un club ligérien. Il s’agit même d’un duel stéphano-stéphanois puisque, en ce 13 décembre, les Verts reçoivent le Côte-Chaude Sportif en 16e de finale de la Coupe de France, déjà.

À l’époque, la France est en guerre et le football est loin d’être une priorité. D’abord mises sous silence au début du conflit, les compétitions professionnelles sont même un temps supprimées. En 1942, elles sont finalement de nouveau inscrites au calendrier sportif, bien que lestées de règles draconiennes imposées par le gouvernement central.

Tax-Rodriguez : la star et le garagna

Parmi celles-ci, l’obligation pour tous les clubs d’aligner au maximum sept joueurs sous contrat pro. Le reste de l’équipe doit être composé d’amateurs ou de joueurs en formation issu du bassin local. Et l’un d’entre eux va se révéler. Antoine Rodriguez, dont le fils, Gilles, évoluera également au club avant d’entraîner au sein du centre de formation, immigré espagnol de la première vague, va former un duo d’attaque redoutable avec Ignace Tax, l’un des meilleurs joueurs européens de l’époque.

L’Autrichien est en effet un joueur confirmé quand il débarque à Saint-Étienne en 1935. Il ne sait pas encore que la IIe Guerre Mondiale va fortement l’impacter. Fait prisonnier en Allemagne durant le conflit, il ne perdra toutefois jamais le contact avec l’ASSE. Une relation épistolaire intense avec Pierre Guichard, alors président du Club et résistant, va même s’installer. « Au milieu des heures tristes que nous vivons loin de Saint-Étienne, votre lettre apporte un adoucissement réel à notre captivité », écrit-il ainsi à son dirigeant en 1940.

Emile Robert, le futur doyen buteur

Tax-Rodriguez, le duo ne faillira pas à sa réputation face à Côte-Chaude et les deux iront de leur but personnel. Mais en début de match, un autre joueur symbolique de cette époque trouble avait apporté son écot au succès stéphanois. Dans son jardin de Geoffroy-Guichard, où il brillera toujours au sens propre comme au sens figuré, Émile Robert avait égalementtrouvé le chemin des filets, et permis aux Verts d’assurer leur présence au prochain tour.

Les affrontements face à des clubs voisins reviendront vite au programme puisque la saison suivante, les Stéphanois trouveront sur leur route le FC Chazelles, Rive-de-Gier puis le Saint-Chamond Foot. Roanne, Feurs, Firminy L’Étrat et Roche-Saint-Genest ont également permis aux Ligériens de vivre des derbys locaux, le plus souvent sous forme de matches amicaux. Avant un nouveau chapitre, ce samedi, face à Écotay-Moingt.

Dimanche 13 décembre 1942

AS Saint-Étienne 4-0 Côte-Chaude Sportif

Buts : Laurent (csc), Robert, Tax (sp) et Rodriguez pour l’ASSE

ASSE : Llense – Casy, Rolhion – Tenneroni, Rich, Amar, Fuchs – Lascioli, Rodriguez, Tax, Robert. Entraîneur : Émile Cabannes

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