Turquie : explosions sur deux pétroliers de la flotte fantôme russe touchés par des roquettes, des mines ou des drones

« Le pétrolier Kairos, à vide et en route pour le port russe de Novorossiïsk, a pris feu à 28 milles nautiques de nos côtes, en raison de causes extérieures. Les 25 membres d’équipage sont sains et saufs », a affirmé sur X la Direction turque des affaires maritimes (DGM). Un deuxième pétrolier, le Virat, « a signalé avoir été touché à environ 35 milles nautiques », a également annoncé la DGM, sans préciser la nature de l’impact.
Roquettes, mines ou drones ?
Interrogé en direct par la chaine de télévision privée NTV, le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloglu, a évoqué la possibilité de mines, de roquette ou de drone pour expliquer le terme « causes extérieures ». « Une cause extérieure signifie que le navire a été touché par une mine, une roquette ou un projectile similaire, ou alors par un drone, ou par un véhicule sous-marin sans pilote. Ce sont les premières choses qui viennent à l’esprit ».
Les deux pétroliers font l’objet de sanctions occidentales en raison de leur transport de pétrole depuis les ports russes, malgré l’embargo décrété après l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. Le ministre turc a assuré que les vingt-cinq membres d’équipage qui se trouvaient à bord du pétrolier Kairos, toujours en feu près de cinq heures après avoir signalé le sinistre, ont été évacués sains et saufs et que les secours ont rejoint l’autre bâtiment, le Virat. « Les équipes des garde-côtes ont rejoint le second navire et sont en train d’intervenir. Vingt personnes se trouvent à bord. Leur santé et leur sécurité ne sont pas compromises, et il n’y a pas d’incendie à bord », a-t-il précisé.
Les deux navires étaient vides
Selon Abdulkadir Uraloglu, les deux navires étaient vides : « Aucune pollution n’est constatée pour le moment, mais nous surveillons l’évolution de l’incendie », a-t-il dit précisant que le Kairos, en feu, « est chargé de son propre carburant ». L’incendie sur le Kairos s’est déclaré vers 18 h 00 locales (15 h 00 GMT), selon le gouverneur de Kocaeli, Ilhami Aktas, interrogé par NTV. « L’incident n’est pas encore totalement élucidé. Nous n’avons pris aucune mesure de précaution à l’encontre des navires naviguant actuellement dans la zone, mais nous pourrions prendre une décision en fonction de l’évolution de la situation », a prévenu le ministre.
Des flammes et une épaisse fumée noire à l’avant du bâtiment sont visibles sur une photo partagée par la DGM. Selon le site Vesselfinder, le Kairos, battant pavillon gambien, date de 2002 et le Virat, également sous pavillon gambien, de 2018. Les deux bâtiments sont visés par des sanctions européennes et du Commonwealth, pour le Kairos, mais aussi des États-Unis, pour le Virat.




