Piastri, Norris et Verstappen : un premier virage qui peut décider du titre

Au Qatar, les trois candidats au titre
abordent un départ potentiellement décisif, où le premier virage
pourrait redessiner la lutte pour la couronne 2025.
Dans une course où doubler restera difficile, la hiérarchie à la
sortie du premier virage pourrait suffire à sceller le sort du
titre.
Le circuit international de Losail est l’un des tracés les plus
difficiles du calendrier pour dépasser. Cependant, la ligne droite
relativement longue menant au premier virage offre une opportunité
précieuse. Les pilotes capables de rester à l’extérieur ont de
bonnes chances de passer avant le virage 2.
Il ne serait pas surprenant de voir des pilotes prendre plus de
risques et sortir des limites de piste pour gagner des places,
sachant qu’ils auront peu d’occasions plus tard. Ce n’est pas un
hasard si la voiture de sécurité est sortie au premier tour lors
des deux dernières éditions.
Verstappen va jouer le tout pour le tout
Max Verstappen répète depuis vendredi qu’il ira “à
fond” au départ. L’interprétation facile serait d’imaginer une
attaque désespérée, mais le Néerlandais n’est plus celui de 2021.
Même si son accrochage avec
George Russell à Barcelone a pu donner l’impression d’un geste
volontaire, les circonstances y étaient très différentes.
Le quadruple Champion du monde reste agressif, mais calculateur.
Il sait que ce circuit ne favorise pas les dépassements, que les
McLaren seront probablement plus rapides en rythme de course,
et que ses espoirs de titre s’éteignent s’il ne devance pas Norris
dès le premier freinage.
Le conseiller
Red Bull Helmut Marko s’attend à des étincelles de la part de
son pilote : “Quand vous savez
que Max est à côté de vous, la plupart des pilotes deviennent
nerveux, a-t-il déclaré à Sky Germany. Dépasser est presque
impossible. Je pense qu’il faut le faire au premier virage ou dans
les deux premiers tours. Mais nous avons deux arrêts, et cela offre
quelques possibilités tactiques.”
Norris a le plus à perdre
En prenant un meilleur départ que son équipier, Norris pourrait
conclure le championnat dès ce soir. Et même s’il devait conserver
sa deuxième place au général en fin de course, il aborderait Abou
Dhabi avec une marge confortable.
Théoriquement, il pourrait même accepter de céder face à
Verstappen au départ pour limiter les risques, puis le dépasser
plus tard. D”autant qu’il n’est pas bien placé sur la grille de
départ : “La deuxième place n’est pas une mauvaise position,
mais ce n’est pas le bon côté de la grille, donc c’est une double
pénalité. Mais je dois en tirer le meilleur
parti.”
Sans prendre de risque démesuré. Andrea Stella insiste sur ce
point : “Nous avons beaucoup de respect pour Max. Il veut
gagner des courses, et pas d’une manière qui dépasse la limite. La
recommandation de finir la course pour voir le drapeau à damier est
la même que d’habitude.”
Piastri en position idéale, mais pas sans
pression
Oscar Piastri a minimisé l’importance du départ. “Oui, c’est
évidemment important. Mais plus qu’ailleurs ? Pas vraiment. Il y a
toujours 25 points en jeu.” Cette réponse masque pourtant la
réalité : au Qatar, la position en piste sera déterminante, comme
il l’a démontré en remportant la sprint de manière autoritaire.
Sur un tracé à fort grip et grandes courbes rapides, Piastri
retrouve un cadre technique qui lui convient parfaitement. Son
week-end a été fluide et son rythme très solide depuis les premiers
tours, contrairement à Norris, plus à la peine sur ce type de
tracé.
Rendez-vous au premier virage, donc. Cela dit, même un excellent
départ ne suffira pas à éliminer tout danger. La course s’annonce
longue, chaude, marquée par les limites de piste — déjà
sanctionnées en sprint — et
par deux arrêts obligatoires. Le gravier pourrait encore
perturber les stratégies.




